Réponse à europegrece

Publié le par ya-du-monde-aux-balkans

Comme promis mais avec beaucoup de retard, voici ma réponse à europegrece.

http://europegrece.wordpress.com/2011/11/19/reponse-a-larticle-du-monde-grece-europe-le-grand-malentendu-du-16112011/

Contrairement à vous, mon parcours universitaire m'a appris à toujours tenter tout du moins d'avoir un regard objectif.
Ce qui me gène n'est pas votre parti-pris, mais plutôt la façon dont vous annoncez vos arguments comme étant des vérités.
Ce qui me gène, c'est votre ignorance, car même si je parle MACÉDONIEN langue officielle de la RÉPUBLIQUE DE MACÉDOINE (et aucunement un quelconque dialecte "bulgaro-macédonien"), je m'attelle à ne pas affirmer de choses fausses, par exemple à propos de l’article 49 de la république de Macédoine, ou à propos des livres scolaires (dont j’attends la preuve), ou encore à propos de la Porta Makedonija, qui d’après mes informations, n’a fait l’objet que d’une note adressée par la Grèce au ministère de l’Intérieur pour l’utilisation du soleil de Virginia et non, comme vous le clamez, pour avoir représenté la Macédoine comme incluant la Macédoine grecque.

J’appelle cela de la désinformation.

 

 Dans mon premier commentaire, j'avais déjà noté la malheureuse idée de mettre une telle carte sur la tombe d'un héros qui combattait pour cette cause.

 

Néanmoins, quelque chose me turlupine, la carte en question, n'inclue-t-elle pas aussi une partie de la Serbie, de la Bulgarie et de l'Albanie ?

 

Dans ce cas-là pourquoi ces États respectifs n'ont-ils pas lancé le haro sur le prétendu "expansionnisme" macédonien inventé par la république grecque.

Pourquoi, tout simplement parce qu'ils ont l'intelligence de comprendre que cette carte fait partie du passé et que la république de Macédoine n'a actuellement aucune prétention territoriale sur aucun de ses voisins.

 

Bon, puisque déposer une carte datant du début du 20eme siècle repris en 2008 pour commérer un héros mort est une preuve d’irrédentisme, que pensez-vous de cela :

 

 

6xartis-ellada2s-copie-1.jpg 

Source : http://www.geetha.mil.gr/media/1istoriko_dodekanisa/6xartis-elladas.jpg

 

La source étant le site du personnel de l’armée grecque sous le titre : Carte historique de la Grèce.

Irrédentisme, irrédentisme….

Houla, mais que vois-je ?

Une partie de la Turquie hachurée en bleu !

Il me semble en plus lire au niveau de la région d’Izmir : Zone hellénique d’Izmir

Apparemment cela fait référence au traité de Sèvre signé en 1920, traité jamais appliqué, car non ratifié par tous ses signataires…

Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_S%C3%A8vres

 
Traité des Sèvre qui réalisait la Megáli Idéa (ou grande idée en Français), expression du nationalisme grec.
Mais que vois-je, la partie de L’Épire appartenant à l’Albanie, noté Épire du Nord !

C’est bizarre que l’on nomme cette région ainsi, alors qu’elle est généralement nommée Épire.
Épire du Nord, ça me rappelle encore la Megáli Idéa…

Encore étrange, alors que tous les pays étrangers sont en blanc, la Chypre est en beige…
La République de Chypre n’est même pas mentionnée…

Houlala, la méchante carte expansionniste !!!

Le Serpent qui se mord la queue…

 

Il y a aussi quelque chose que je n’arrive pas à comprendre, pourquoi bloquer l’entrée de la Macédoine aux institutions internationales telles que l’OTAN ou l’Union européenne ?

Pour de prétendues revendications territoriales ?

Sachez, cher monsieur, que la Macédoine est un petit état de 2 millions d’habitants ayant une armée professionnelle. Ce n’est pas la Corée du Nord.

D’autant plus qu’elle souhaite adhérer à l’OTAN et à l’Union Européenne, qu’elle n’a toujours pas réussi à rejoindre à cause du véto de la Grèce.

Ce que je trouve vraiment stupide est que l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN ou à l’Union européenne renforcerait l’intangibilité des frontières. Ce qui signifierait la fin du prétendu expansionnisme macédonien qui gêne tant les Grecs.

 

L’Article 49 de la constitution macédonienne.

  

 

« Cette commission a demandé la modification des articles 3 et 49, ce qui a été fait le 6 janvier 1992 par le Parlement. »

 

Source : http://www.senat.fr/ga/ga-3/ga-34.html

Traduction des amendements I et II de la constitution macédonienne :

Amendement I

1-La Macédoine n’a pas de prétention territoriale envers les États voisins.

2-La frontière de la république de Macédoine ne peut être modifiée qu’en conformité à la Constitution, sur un  principe de libre volonté et en conformité avec les normes internationales reconnues.

3- Le point 1 de cet amendement complète l’article 3, alors que le point 2 remplace le paragraphe 3 de l’article 3 de la Constitution de la République de Macédoine.

Amendement II :

1- La république ne s’ingérera pas dans les droits souverains d’autres États ainsi que dans leurs affaires intérieures.

 2- Cet amendement complète le paragraphe 1 de l’article 49 de la Constitution de la République de Macédoine.

Source : http://www.dzr.gov.mk/Uploads/ustavrm.pdf

Cet article peut faire référence aux populations slaves (dont certains se revendiquent Macédoniens) du nord de la Grèce.

Mais pas uniquement, il existe des minorités macédoniennes en Albanie, Serbie, Kosovo et Bulgarie.

Article bien sûr amendé sous la pression de la Grèce, quand bien même elle ne respecte pas ses propres engagements, puisqu’elle a été condamnée par la Cour Internationale de Justice pour avoir enfreint l'accord intérimaire du 13 septembre 1995 conclu avec la Macédoine.

Source : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=27068&Cr=Gr%E8ce

Minorités en Grèce

 

Quant au terme « Grkoman » il ne désigne pas TOUS les Slaves vivant en Grèce, mais est un terme péjoratif pour désigner une personne d’origine non grecque se « prétendant » grec.
Utilisé en outre en Albanie et Roumanie, j’en ai même trouvé une définition dans un dictionnaire serbe.

 

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Grecomans

 

Je ne connaissais pas ce terme, en revanche j’en connais un autre : егејци (égéens en français).

Nom donné aux réfugiés slaves de la guerre civile grecque, vivant auparavant en Macédoine grecque.

Pourquoi ont-ils fuit la Grèce ?

Car ils ont combattu aux côtés des communistes qui leur ont promis d’avoir pour la première fois dans l’histoire, le statut de minorité ayant le droit d’utiliser sa langue et de se déclarer macédonien.

Certains sont venus en République de Macédoine, d'autres sont partis en Vojvodine (Serbie) ou dans le reste du monde.

 

Cet exode est même reconnu par les universitaires grecs, puisque lors d’une conférence, une professeure macédonienne ainsi que son homologue grecque ont toutes les deux déploré le manque de récit sur cette partie trouble de l’histoire grecque.

Connaissez-vous la situation des minorités en Grèce ?

 

“Since the Second World War the Greek government has denied the existence of any non-Greek minority within its borders apart from the Muslim Greeks recognized by the Treaty of Lausanne in 1923. In its 2001 population census the state did not collect information on ethnicity. All those who use Greek in everyday language are considered Greek, even if Greek is not their mother tongue. This non-recognition of minorities is bolstered by a rigid notion of Greek national identity, closely identified with membership of the Greek Orthodox Church.(…) However, the recognition of the right to freedom of association and expression of persons belonging to the ethnic Macedonian community (who live in the administrative region of Macedonia), (…) has been a long-standing concern that remains unresolved. Regarding ethnic Macedonians, the 1998 European Court of Human Rights (ECtHR) judgment of Sidiropoulos and Others v. Greece found Greece in violation of Article 11 on its refusal to allow the registration of the organization ‘Home of the Macedonian Culture’. The Greek courts refused the application on the basis that the use of the term ‘Macedonian’ questioned the Greek identity of Macedonia and undermined territorial integrity. Implementation of the 1998 judgment is still pending, and the organization has not yet been registered.(…)These cases strike at the heart of the right to self-identification for members of minorities in Greece, where ethnic Macedonians are not granted minority status, (…) During his visit, the Commissioner recommended ratification of the FCNM, which Greece signed in 1999, and the implementation of the ECtHR judgments. He stressed that the Greek authorities need ‘to show greater receptiveness to diversity in their society and to take further measures that would allow minority groups to express their identity on the basis of self identification.”

 

Traduction :

« Depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement grec nie l’existence de toute minorité non grecque à l’intérieur de ses frontières si ce n’est les musulmans grecs reconnus par le traité de Lausanne de 1923. Lors du recensement de 2001, aucune donnée concernant l’ethnicité n’a été collectée. Tous ceux qui utilisaient le grec comme langue courante étaient considérés comme étant grecs, même si le grec n’était pas leur langue maternelle.  Cette non-reconnaissance des minorités est soutenue par une notion rigide de l’identité nationale grecque, étroitement identifiée par l’appartenance à l’Église orthodoxe grecque. (…) Cependant, la reconnaissance du droit à la liberté d’association et d’expression appartenant à la communauté ethnique macédonienne (qui vivent dans la région administrative de Macédoine) (…) est une préoccupation de longue date qui demeure irrésolue. En ce qui concerne les Macédoniens ethniques, le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme en 1998, concernant l’affaire Sidiropoulos et autres contre la Grèce,  reconnaît la violation de l’article 11 par la Grèce, par son refus de permettre l’enregistrement de l’organisation « Maison de la culture macédonienne ». Les tribunaux grecs ont refusé son application pour l’utilisation du terme « macédonien » qui remet en question l’identité grecque et son intégrité territoriale.
L’application de l’arrêt de 1998 est toujours en suspens, et l’organisation n’a toujours pas été enregistrée. (…) Ces cas frappent au cœur  le droit à l’autodétermination des minorités en Grèce, où les Macédoniens ethniques n’ont toujours pas le statut de minorité. Durant sa visite, le commissaire (du conseil de l’Europe) a recommandé la ratification de la convention-cadre signée par la Grèce en 1999, et l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme. Il a souligné que les autorités grecques doivent « montrer une plus grande réceptivité à la diversité dans leur société et prendre des mesures supplémentaires pour permettre aux groupes minoritaires d’exprimer leur identité sur la base de l’autodétermination »

 

Source : http://www.minorityrights.org/?lid=326

 

Saviez-vous qu’après l’intégration de la Macédoine égéenne à la Grèce, les populations slaves ont été hellénisées, voir même de force durant la période Métaxas :

"During the years between World Wars I and II, Greece followed a policy of assimilating  the Macedonian minority and Hellenizing  the Macedonian region  in  northern Greece. The government  changed place  names  and  personal names from Macedonian to Greek,ordered religious services to be performed in Greek, and altered religious icons. Under the Metaxas dictatorship in Greece  (1936-1941), conditions of the Macedonian minority deteriorated markedly.  More than 5,000 Macedonians from the Yugoslav border area were interned, the use of the Macedonian language was forbidden, and Macedonians were required to attend night school to learn Greek. Moreover, many of those who spoke Macedonian were fined or beaten.”

Traduction :

 

Durant l’entre-deux-guerre, la Grèce a suivi une politique d’assimilation de la minorité macédonienne et a hellénisé la région macédonienne en Grèce septentrionale. La Grèce a modifié les toponymes ainsi que les noms de personnes du macédonien en grec, a ordonné que les services religieux soient donnés en grec et a modifié les icônes religieuses. Sous la dictature de Métaxas (1936-1941), les conditions de la minorité macédonienne se sont nettement dégradées. Plus de 5 000 Macédoniens vivant à la frontière yougoslave ont été internés, l’utilisation de la langue macédonienne a été interdite, les Macédoniens étaient tenus d’assister au cours du soir pour apprendre le grec. De plus, beaucoup de ceux qui parlaient macédonien ont été condamnés à une amende ou battus.

 

Source :http://www.hrw.org/reports/pdfs/g/greece/greece945.pdf

 

Sans doute une explication de la volonté de protéger la minorité slave en Grèce…

 

 

 

Analyse du conflit par « Der Spiegel »

 

Et l’on comprend encore mieux la situation en lisant cet article : http://www.spiegel.de/international/europe/0,1518,614268,00.html

 

En effet, l’actuel président de la république de Macédoine est un égéen, c'est-à-dire un réfugié macédonien de la macédoine grecque ce qui veut dire que sa famille  a subi les discriminations dans l’entre-deux-guerre, qu’il a vécu l’exode des Slaves de la Macédoine grecque.  On peut ainsi comprendre son acharnement à propos de la reconnaissance de minorités slaves en Grèce.

 

"Does this mean that the prime minister in the Macedonian capital Skopje must stand idly by while Athens insists that people like his ancestors, including his father and grandfather, could not possibly have existed? Is there is no such thing as Slavs who grew up in the Greek part of the historic region of Macedonia and, despite having had to accept Greek surnames, remain faithful to their native language?"

 

Cela signifie-t-il que le premier ministre dans la capitale macédonienne de Skopje doit rester les bras croisés tandis qu’Athènes insiste sur le fait que des personnes comme ses ancêtres, son père et son grand-père y compris, n’aient jamais existé ? Le fait que des Slaves qui ont grandi dans la partie grecque de la région historique de Macédoine, en dépit d'avoir dû accepter des prénoms grecs, soient restés fidèles à leur langue maternelle, ne signifie-t-il rien ?

 

The answer is easy, says Gruevski, speaking at a government building in Skopje: "If the Greeks were to admit that Slavic Macedonians are living in their midst, it would be clear that we should be allowed to call ourselves Macedonians. That's why they won't admit it. But what if we, as a candidate for EU membership, treated minorities the way EU member Greece does?"

 

La réponse est simple, dit Gruevski, parlant dans un bâtiment du gouvernement à Skopje: “Si les Grecs admettaient que des Slaves macédoniens vivent chez eux, il serait clair que nous devrions être autorisés à nous nommer Macédoniens. C’est pour cela qu’ils ne l’admettent pas. Mais pourquoi nous, en tant que candidats à l’adhésion à l’Union Européenne, traitons les minorités à la manière des membres de l’UE, alors que la Grèce ne le fait pas ?  

 

The Gruevski government's bid to join NATO, supported mainly by the United States, failed at the alliance's 2008 summit meeting in Bucharest when it was vetoed by Greece.

"Since then, it has been clear to us that we have nothing left to lose," says the Macedonian prime minister. "What is happening here is classic blackmail." For this reason, Gruevski and the members of his government and their staffs have recently placed his nationalist party, the VMRO-DPMNE, on a full-blown counteroffensive. Gruevski and his cohorts are doing their utmost to prove that world history was written on the territory of modern-day Macedonia -- even if it belonged to a different country at the time.

 

Le gouvernement Gruevski a tenté de rejoindre l’OTAN, soutenu principalement par les États-Unis, mais a raté l’adhésion à l’alliance en 2008 lors du sommet de Bucarest où la Grèce a posé son véto.
« Depuis, il est clair que nous n’avons plus rien à perdre, » déclare le premier ministre macédonien. « Ce qui s’est passé est un cas classique de chantage ». C’est pour cela que Gruevski, les membres de son gouvernement et son staff ont mis en place dans leur parti nationaliste, le VMRO-DPMNE, une véritable contre-offensive. Gruevski et ses cohortes font tout leur possible pour prouver que l’histoire mondiale a été écrite sur le territoire de la Macédoine d’aujourd’hui – même si elle appartenait à un autre pays en ce temps la.    

 

Encore plus intéressant :

 

The current dispute over Macedonia, says Greek sociologist Michael Kelpanides, is a convenient tool for politicians in Athens to attract voters and divert attention away from the country's real problems. Twenty-eight years after joining the EU, Greece is still the union's biggest net recipient of cash, and its national debt as a percentage of GDP is second only to Italy's. The average wage in Greece corresponds to the average wage in Poland, and when it comes to corruption and illiteracy, the Greeks are near the bottom of the heap of EU countries.

Le différend actuel à propos de la Macédoine, dit Michael Kelpanides, sociologue grec,  est un outil pratique pour les politiciens d’Athènes pour s’attirer les faveurs des électeurs et détourner leur attention des véritables problèmes du pays. Vingt-huit ans après avoir rejoint l’UE, la Grèce est toujours le pays qui reçoit le plus de subventions de l’union et le pourcentage de sa dette par rapport au PIB est le second de l’union juste derrière l’Italie. Le salaire moyen correspond au salaire moyen de la Pologne, quant au niveau de la corruption et de l’analphabétisation, la Grèce fait partie du bas de l’échelle des pays de l’UE.
 

 

Tiens un visionnaire ce sociologue…  (article écrit en 2009)

 

"What's important," according to historian Stefan Troebst, describing the delayed sense of national cohesion among modern-day Macedonians, "is that they know who they don't want to be, namely neither Bulgarians nor Serbs, and certainly not Greeks or Albanians."

 

“Ce qui est important”, selon l’historien Stefan Troebst, décrivant le tardif sentiment de cohésion national chez les Macédoniens modernes, « c’est qu’ils savent ce qu’ils ne veulent pas être, à savoir, ni Bulgares, ni Serbes, et certainement pas Grecs ou Albanais. "

 

 

Commenter cet article

ai 09/02/2012 13:22

Bonjour

Je mets un lien cliquable vers votre commentaire sur les commentaires d'EuropeGrèce.

Pouvez-vous aussi mettre un lien cliquable vers mon site?

Ca serait fair play des 2 côtés

ai 09/02/2012 04:42

Et ce qui me gêne aussi c'est que la FYROM fasse une fixation sur la "Macédoine égéenne" alors qu'on vient de brûle une église orthodoxe slave dans un village albanais de la FYROM.

ai 09/02/2012 04:39

Ce qui me gêne le plus cher Monsieur Ya du Monde aux Balkans, ce n’est pas vos arguments.

Non, ce qui me gêne, c’est que vous vous prétendiez objectif! C’est lamentable cher Monsieur, de ne pas avoir le courage d’affirmer son parti pris.

Et se cacher derrière sa formation universitaire pour se dire objectif c’est encore plus lamentable (je vous rassure j’en ai aussi une, mais contrairement à vous je ne me cache pas derrière).

EuropeGrèce annonce la couleur : donner la parole à l’accusé grec, offrir un point de vue, celui d’un amoureux de la Grèce. Et non prétendre à une prétendue objectivité (d’ailleurs qui en Europe
peut se prétendre objectif aujourd’hui, ne serait-ce que du point de vue des intérêts de chacun, c’est notre porte-monnaie à tous qui est touché par la crise de l’Union européenne).

Ma réponse :

SUR LA CARTE

Sur la carte de Grèce vous tombez dans le grotesque. Vraiment vous vous enfoncez.

Je vous montre une carte ajoutée sur la tombe d’un leader nationaliste où va se recueillir le premier ministre de la FYROM dans une manifestation officielle en 2008. Et vous répondez avec quoi? Je
m’attendais à l’équivalent, à un président ou premier ministre grec faisant de même.

Mais non… Vous répondez avec une carte historique d’archive, ayant pour thème les différents traités concernant le territoire grec, dotée d’une légende très claire, montrant les phases historiques
de rattachement ou de détachement à la Grèce de différents régions avec les différents traités qui ont fait ou défait la Grèce depuis son indépendance: 1132, 1913, 1864, 1832, 1881, 1913, 1920,
1923.

C’est comme si cette carte de l’empire français était symbole d’un irrédentisme français

actuel

:

http://europegrece.files.wordpress.com/2012/02/departements-empire-francais-1811.png

Concernant les parties situées en Turquie c’est la Grèce du traité de Sèvres (accepté par le Sultan avant la révolution kémaliste) puis il y a celle du traité de Lausanne, et tout cela est bien
indiqué dans la légende.

Ce n’est pas étrange qu’il n’y ait pas Chypre : il n’y a pas eu de traité remettant Chypre à la Grèce et justement l’objet de la carte se limite aux traités… Il n’y a pas la moindre ambiguité dans
cette carte. Si c’était une carte “ethnique” ou “nationaliste” il y aurait bien plus.

Mais vous n’avez manifestement pas pris la peine de la déchiffrer malgré votre “objectivité universitaire.” Vous feriez mieux d’assumer votre parti pris, cela ferait plus honnête.

SUR LES LIVRES SCOLAIRES A SKOPJE

Voici par exemple un article qui n’est pas de moi.

Toutes les illustrations ne sont pas intéressantes mais, voir par exemple, la carte sur “les frontières géographiques et ethniques de la Macédoine” (ie slave) incluant Thessalonique
http://www.hri.org/Martis/contents/doc5.html

Je vous rassure les Albanais font la même chose avec des cartes incluant des morceaux de la FYROM et de la Grèce

SUR LE TERME GREKOMAN, LA MACEDOINE EN GRECE ET LES “MINORITES”

Quant à ce qu’il s’est passé en Macédoine grecque:

Tous les pays de la région ont pris soin d’affirmer leur identité nationale sur tout leur territoire au cours de la 1ère partie du 20e siècle.

Mais des gens qui avaient les même thèses que les vôtres voulaient “re-slaviser” la Grèce du nord pendant la 2e guerre mondiale.

Les troupes bulgares alliées aux nazis y ont commis les pires crimes au nom de ces idées-là (les nazis leur ont laissé la gestion d’une partie de la Grèce du nord).

En Grèce ces idées sont maintenant marquées au fer rouge de l’alliance entre les Nazis et les Bulgares (encore une fois les Bulgares ont abandonnés ces thèses et sont de bons voisins pour la Grèce
aujourd’hui).

Vous comprenez? Pour les Grecs ces idées = occupation nazie et bulgare. Mais manifestement vous ne voulez pas retenir les leçons de l’histoire.

Et sachez que ceux qui ont le plus souffert de l’occupation bulgaro-nazie sont les Grekomans : les Bulgares voulaient leur expliquer qu’ils devaient “redevenir “slaves. Que croire qu’ils étaient
Grecs, c’était mal. Qu’avoir des noms grecs, c’était mal. Et ces gens là ont plus souffert à cause de cela que les Grecs qui n’étaient pas considérés comme GREKOMAN mais juste comme “Grecs”.

Le problème c’est qu’on ne saura jamais qui, selon la FYROM, ferait partie d’une minorité qui se sent slave d’un point de vue “national” et qui serait opprimé et qui est un “GREKOMAN’ c’est à dire
un Grec que les Salves considèrent comme étant un slave t qui a le tort de se croire grec.

Vous avez trouvé le mot “Grekoman” dans un dictionnaire serbe car à une époque la région de la FYROM faisait partie de la Serbie et certains Serbes ont pu être tentés par ces thèses mais pas bien
longtemps. Ce n’est qu’en FYROM qu’on utilise encore ce terme de façon assez courante (j’en ai encore vu dans des articles de journaux).

Pour le terme Grekoman vous ne faites que confirmer : vous ne trouvez pas cela choquant de désigner de façon péjorative des gens qui se disent grecs? Qu’est ce qui vous permet de dire qu’ils le
“prétendent”( ce qui sous-entend qu’ils ne le sont pas)? Où est passée votre objectivité?

Vous n’êtes choqué que quand ça vous arrange. Je trouve ça normal : mais arrêtez de vous dire objectif c’est fatigant.

La France non plus ne reconnaît pas de minorités.

Et je pense que la France prendrait très mal qu’un pays voisin indique dans sa constitution qu’il faut créer un statut à part pour une partie de la population française.

La Grèce ne reconnaît que celle des musulmans de Thrace (terme utilisé par le traité de Lausanne) car en même temps il y avait une minorité grecque à Istanbul (mais passée de 300.000 pà 150.000
puis 2.000 personnes).

Et cela ne regarde pas la FYROM.


SUR LA CONSTITUTION de la FYROM

Sur la constitution je suis désolé mais c’est un symbole d’hypocrisie et de double langage; je vais ajouter les amendements à cet article car il n’y a rien à cacher, les internautes jugeront les
contradictions. http://europegrece.wordpress.com/2011/12/10/petit-debat-sur-notre-blog/

Réclamer un statut à part pour une partie des citoyens grecs cela reste une forme d’irrédentisme surtout quand elle s’accompagne de cartes de la Grande Madécoine et autres symboles sur lesquels je
ne reviendrai pas, et qu’on peut voir tant sur l’article ci-dessus que dans le présent commentaire.
http://europegrece.wordpress.com/2011/12/10/petit-debat-sur-notre-blog/

Vous savez l’irrédentisme ce n’est plus envahir un pays avec une armée pour procéder à un rattachement : les Albanais ont fait la Grande Albanie au Kosovo même sans rattacher le Kosovo à
l’Albanie.

Et je suis désolé mais quand on lit l’article 49 on voit bien que l’amendement II” dont vous parlez ne le complète pas : les deux sont en totale contradiction. Pourquoi ne pas avoir supprimé
l’article 49?

On ne peut pas dire qu’il faut un statut spécial pour des populations “macédoniennes ” dans les pays voisins et dire en même temps que “La république ne s’ingérera pas dans les droits souverains
d’autres États ainsi que dans leurs affaires intérieures.” C’est en totale contradiction.

Et dire qu’il n’y a pas de prétentions territoriales tout en disant que les frontières peuvent être changées sur le principe de la libre volonté (de qui?) sans supprimer totalement l’article
49.

Et surtout, quand on dit cela, il faut que les actes suivent.

Le fait que l’armée de la FYROM soit petite n’est pas le problème : on voit bien avec le Kosovo, qu’il y a d’autres façons de faire de l’irrédentisme que d’attaquer avec une armée
conventionnelle.

SUR LA CARTE SUR LA TOMBE DU HEROS NATIONALISTE DE LA FYROM

Vous dites que les Grecs sont les seuls à avoir réagi. Je ne parle pas albanais ou serbe pour le vérifier.

Sachez qu’en tout cas pour la “Porta Makedonija” ce sont les Albanais et pas les Grecs qui ont été les premiers à réagir .

Vous voyez, je ne sais pas qui “a l’intelligence ” de faire la part des choses selon vos termes.

Vous parlez le slave de la FYROM, retrouvez donc le discours de la conceptrice de la “Porta Makedonija” expliquant la signification de son oeuvre.

Sur l’accord intérimaire et la décision de La Haye j’en parle ici :

http://europegrece.wordpress.com/2011/12/10/petit-debat-sur-notre-blog/


CE QUE VA GAGNER LA FYROM

Ce que va gagner la FYROM à ce petit jeu c’est simple :

1/ Permettre aux Albanais d’utiliser contre la FYROM les arguments qu’elle utilise contre la Grèce, l’ingérence qui ne dit pas son nom.

2/ Se prendre un effet boumerang, car puisque la FYROM voit des minorités partout en Grèce, eh bien certains en Grèce se disent qu’il faut faire pareil et voir des minorités grecques en FYROM:

Ne croyez-vous pas que tout cela doit cesser? Et qu’il faut arrêter, dans cette région, de jouer